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Désirs, plaisirs et déplaisirs

Petite réflexion sur le vif concernant le désir… Parmi les nombreux concepts véhiculés en spiritualité, il en est un qui fait souvent débat, à ce que j’ai pu voir. C’est l’importance de ne plus être dans le désir.

D’abord, beaucoup confondent plaisir et désir, qui sont pourtant très différents.

Le plaisir est une sensation agréable, que l’on ressent lorsque l’on vit une expérience plaisante. J’ai du plaisir à regarder le ciel étoilé, la pleine lune, à manger de bons fruits mûrs. Le plaisir n’est pas mauvais en soi, bien au contraire. Du moins tant que l’on n’y est pas attaché…

Mais c’est quand nous vivons dans une recherche perpétuelle de plaisirs, à désirer, que cela peut commencer à poser problème.

Désirer, c’est se projeter dans le futur, avec l’espoir d’y obtenir quelque chose.

Ce faisant, plusieurs choses se produisent:

  1. je ne suis plus dans l’instant présent et je peux ainsi passer à côté de plaisirs qui étaient pourtant à portée de main sur le moment.
  2. si je n’obtiens pas l’objet de mon désir, un sentiment de frustration a de grandes chances d’apparaître. Je conditionne mon bien-être à quelque chose qui n’existe pas encore et qui n’existera peut-être jamais.
  3. si j’obtiens l’objet de mon désir, il se peut que le plaisir que j’avais fantasmé ne soit pas au rendez-vous, et la déception survient.
  4. l’objet du désir atteint, si le plaisir n’est pas au rendez-vous, ou une fois ce plaisir dissipé, de nouveaux désirs apparaissent alors. On se lance ainsi dans une quête qui n’a pas de véritable fin.
  5. désirer, c’est reconnaître un manque en soi, c’est s’empêcher d’atteindre la plénitude intérieure. « On ne désire que ce dont on manque » (Platon).
  6. cela signifie aussi que j’accorde plus d’importance aux moments de plaisirs qu’aux moments de déplaisirs.

Ceci étant dit, l’autre erreur commune est de croire que le désir est notre principal moteur dans la vie, pour nous permettre d’avancer, de réaliser des projets, etc….

En l’absence de désirs, beaucoup pensent qu’ils tomberaient fatalement dans une grande passivité, incapables de mener de se lancer dans de nouveaux projets.

Mais en êtes-vous aussi certain que cela?

J’y suis moi-même en plein dedans. La première étape je pense est d’apprendre à se détacher des résultats de nos actions. Si l’on s’investit intensément dans un projet qui nous tient à coeur, et qu’il n’aboutit pas, cela ne doit pas nous affecter outre mesure. Car c’est le chemin parcouru qui importe, pas le résultat, et nos pires échecs ont beaucoup à nous apprendre. Donc, on n’est jamais perdant.

Ensuite, pour sortir du désir, sans tomber dans la passivité, il faut plutôt être dans une démarche de : « je sens que je dois faire ceci ou cela », et non plus « j’ai envie de faire cela ». Quand vous devez faire la vaisselle, vous ne désirez pas faire la vaisselle (enfin, pas moi en tout cas), mais je sais que je dois la faire, sinon la cuisine va devenir un vrai bordel et je ne pourrais plus préparer à manger. Donc, je fais la vaisselle car j’ai conscience que je dois la faire. L’absence de désir de faire ne m’empêche pas de faire. Si un évènement extérieur fait en sorte que je ne peux pas faire la vaisselle, alors il me sera plus facile de ne pas en être affectée (tu m’étonnes…). Je me dirais que je la ferais plus tard, quand le moment sera venu. Même si l’exemple paraît très simple, voire trop simple, ceci peut pourtant être étendu à tous nos actes, et à tous nos projets.

Passer du « j’ai envie de faire » à « je dois faire » peut se réaliser par une sincère humilité. On ne se place plus au centre de notre vie, mais plutôt comme un pion qui joue humblement son jeu sur l’échiquier de la vie. Nous agissons pour ce qui nous semble juste, nécessaire, et non plus pour notre petite personne. Nos projets se construisent naturellement autour du bien commun.

« Tout ce que tu feras est dérisoire mais il est essentiel que tu le fasses » disait Gandhi. Ma citation préférée, très riche d’enseignement.

Mais si l’on se concentre sur les choses que l’on doit faire, et non pas celles qui nous procurent du plaisir, alors la vie ne risque-t-elle pas d’être ennuyeuse?

C’est une autre partie du travail à réaliser sur soi. Se détacher des plaisirs, comme des déplaisirs. Cela revient à trouver la plénitude et la joie en soi. Les plaisirs extérieurs sont alors la cerise sur le gâteau qui ne me feront pourtant jamais oublier le gâteau lui-même. Se concentrer sur les plaisirs, c’est ne voir que la cerise.

Tout cela est le travail d’une vie, c’est pour ça qu’il est important de s’y mettre dès maintenant 😉

Et vous, comment vivez-vous vos désirs?

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