neurone

Dharana, un peu de musculation cérébrable

Le mental, toujours à sauter d’une idée à une autre, tel un singe, vagabondant de branche en branche. Comment me suis-je retrouvée à penser à ce vieux film d’horreur qui a eu la merveilleuse idée d’une tondeuse maléfique? De quoi suis-je partie…? Ah oui, je me souviens. Je me suis mise à penser qu’il faisait beau dehors, ce qui est rare depuis quelques mois alors que l’été approche à grands pas. Et comme il pleut beaucoup, l’herbe pousse à une vitesse prodigieuse. Donc, qui dit « beau temps le week-end », dit « passer la tondeuse ». Mais la tondeuse était en panne. Mon colocataire l’a réparée, mais a dû enlever la sécurité. Il m’a donc rappelé de faire bien attention pour ne pas que je me blesse. Alors bien sûr, j’ai imaginé le type de blessures affreuses qu’une tondeuse pouvait provoquer. Et j’ai fini par retomber sur ce vieux film d’horreur.

Alors que je suis confortablement allongée dans mon lit, essayant de me détendre, la vision de telles images sanguinolentes ne sont pas vraiment les bienvenues, et elles sont évidemment totalement inutiles. Pourquoi dépenser de l’énergie à alimenter de telles idées? C’est pourtant ce que fait de mieux notre mental, 90% du temps. Alimenter des pensées sans aucun intérêt pratique. Et quand on perd notre présence, et bien, on s’identifie totalement à ces pensées, et on oublie tout simplement de vivre.

Il existe de nombreux moyens pour se sortir de cet asservissement. Je vais vous parler ici de la pratique de la concentration, dharana en sanskrit. Il s’agit d’une pratique incontournable dans le yoga notamment. C’est même un « art » d’une extrême puissance, qui nous permet d’entrer dans les couches les plus profondes de notre être.

Je me rappelle que quand j’ai commencé à pratiquer, il y a 4 ans de cela maintenant, suite aux sollicitations de mon « guru intérieur », je ne pouvais pas me concentrer plus de quelques secondes sans que cela ne m’occasionne des tensions désagréables  dans des zones très localisées de mon cerveau . Dans l’exercice que je pratique quotidiennement depuis 4 ans maintenant, je focalise mon attention sur un point précis situé entre les sourcils. Du moins, au début, ce point était-il situé entre les sourcils, mais maintenant, petit à petit, je dirige mon attention un peu plus profondément à l’intérieur du cerveau, sur l’axe horizontal passant toujours entre les sourcils.

Cette zone du cerveau, où l’on retrouve le fameux Ajna chakra, chakra du troisième oeil, ou encore siège de l’âme. Les scientifiques pensent que cette zone du cortex préfontal correspond à la conscience de Soi. Lorsqu’elle est très développée, les individus ont donc une conscience d’eux-même supérieure à la normale. C’est aussi une zone particulièrement fragile et sensible. Si on peut la stimuler, et donc la développer par ces techniques de concentration, il est important d’y aller très progressivement. Dès que cela commence à devenir douloureux, il est important de relâcher l’attention que l’on porte sur cette zone.

On peut tout à fait comparer cela à des exercices d’assouplissement musculaire. Etant moi-même pratiquante à la fois de Hatha Yoga et de Dyana (entre de nombreuses autres choses!), je trouve cette comparaison tout à fait appropriée. Pour assouplir le corps, on doit répéter, inlassablement, les mêmes exercices, et gagner ainsi en souplesse, progressivement. Les maîtres mots pour progresser, sont douceur, régularité, persévérance. Si on veut forcer et aller trop vite, on risque tout simplement de se blesser. Il n’y a pas de raccourcis possibles. L’assouplissement et le renforcement du cerveau obéissent exactement aux mêmes règles. Et personne n’a envie de s’occasionner des lésions cérébrales! Donc douceur, régularité, persévérance.

Les progrès que je peux constater sur moi-même après ces quatre années de pratique sont tout à fait notables. Si l’on revient à mon anecdote de tondeuse de l’enfer, une fois que mon esprit s’est aperçu qu’il était en train de se laisser embarqué dans un flot de pensées totalement inapproprié, et qu’il a souhaité en reprendre le contrôle, c’est là que la pratique de Dyana intervient. On sort de l’observation des pensées, le vide mental se fait, et l’attention est focalisée sur Ajna Chakra. Plus la capacité de concentration a été développée, et plus cette zone du cerveau a été renforcée lui permettant d’accueillir un afflux d’énergie important, plus l’individu va pouvoir s’enfoncer en lui-même, rapidement, profondément.

Il se passe des choses très particulières quand on fait ceci. Tout d’abord, le calme mental s’installe de manière instantanée. Plus la concentration est forte, et plus on va pouvoir passer de « paliers ». A chacun de ces paliers, notre état de conscience se modifie. On ressent des changements importants à l’intérieur de nous. Notre conscience se connecte à nos différents corps d’énergie, elle change de véhicule. Enfin, c’est ma manière personnelle d’interpréter ce qui se passe dans ces moments. Cette concentration demande un effort très important. Ce n’est pas quelque chose d’agréable en soi, mais heureusement, quand elle est bien dirigée, il n’est pas nécessaire de la maintenir plus de quelques minutes. Car plus on passe de paliers, et plus cela devient facile. Au bout d’un moment, on se retrouve dans un état de profond bien-être, sans aucune pensée, et cette fois, sans effort.

Pour certaines personnes, comme moi par exemple, cette pratique peut également nous propulser directement dans des espaces de rêve ou dans d’autres réalités. Je pense que chaque personne, selon ses prédispositions personnelles, peut être amenée à vivre des expériences très différentes. Il ne faut pas rechercher à vivre quelque chose de « spécial », mais juste travailler cette concentration pour ce qu’elle est: un exercice de musculation cérébrale, susceptible de vous ouvrir les portes de votre Moi Supérieur.

Ci-dessous, un extrait de la page :  http://www.neurofit.ch/centrewellness/article.php?sid=99

Un petit peu d’anatomie cérébrale

Notre cerveau est constitué de milliards de cellules, appelées neurones, qui forment différentes zones neurologiques, dont la plus récente dans l’évolution est le cortex cérébral.
Le cortex possède plusieurs zones, dont une nous intéresse tout particulièrement. Il s’agit du cortex frontal, ainsi nommé car il se trouve juste derrière le front. Ce cortex frontal possède une zone, appelée cortex préfrontal (CPF), qui se trouve le plus en avant du cerveau. Le cortex préfrontal est la zone qui nous rend essentiellement humain et qui nous différencie des animaux. C’est là que notre cerveau « réfléchit », pense, crée, planifie, organise, crée de la poésie ou de la musique, ?

Cortex préfontal

Plus en profondeur dans le cerveau, nous trouvons une série de circuits neurologiques, importants pour notre discussion. L’ensemble de ces circuits neurologiques est appelé système limbique. C’est le système des émotions. Le système limbique fonctionne de manière automatique. Nous pourrions dire qu’il s’occupe de nos instincts et de nos fonctions primitives. Il est le siège de nombreuses fonctions non-conscientes. En temps normal, le cortex préfrontal dirige ou contrôle le cortex limbique.

limbic

Lorsque dans la vie, nous devons faire face à un traumatisme, une situation stressante, lorsque nous sommes surmenés, ou lorsqu’il nous arrive quelque chose que nous n’aimons pas ou auquel nous ne nous attendions pas, notre organisme libère des hormones qui ont, parmi leurs nombreux effets, la particularité de réduire l’afflux de sang au cortex préfrontal.

Ces changements physiologiques sont une stratégie d’adaptation particulièrement brillante à court terme, qui permet au système limbique de contrôler le système. C’est ce système plus primitif qui va prendre des décisions rapides en réponse à un stimulus de l’environnement.

Imaginons que vous soyez en train de traverser la route quand débouche une voiture à vive allure.
Ce n’est pas le moment que votre cortex préfrontal se mette à créer de la poésie, à planifier la journée du lendemain, ou de commencer de débattre pour savoir si il vous faut mieux bondir à droite ou à gauche. Non. Votre vie est en jeu. Une action immédiate est nécessaire. En voyant la voiture, est en l’espace de quelques millisecondes, l’organisme « éteint » le cortex préfrontal, ce qui permet au système limbique de prendre le contrôle, de mettre votre organisme sous tension pour lui permettre de vous faire bondir hors de portée du chauffard.

Dans la vie de tous les jours, le stress quotidien ne bloque pas complètement la fonction de notre cortex préfrontal, mais l’activation régulière de la réponse du stress par les soucis de la vie quotidienne a tendance à inhiber progressivement le cortex préfrontal et à activer le système limbique.

Ce qui était, à court terme une stratégie brillante, devient à long terme une stratégie destructive et potentiellement létale.

2 réflexions sur “ Dharana, un peu de musculation cérébrable ”

  1. Ton blog est très. bien fait, passionnant. Comme il n’y a pas de hasard notre rencontre au repas et notre face à face à la table me laisse présager que nous nous reverrons..

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