neurones

Divine extase

Il est samedi, 8h du matin. Un week-end sans les enfants, comme un week-end sur deux. Il y a longtemps que je n’avais pas pris le temps d’écrire. Cette dernière année a été très différente des 4 années précédentes, qui ont suivi le début de mon processus d’éveil. Une année beaucoup plus calme sur le plan spirituel, avec très peu de projections hors du corps, ou autres expériences de ce type. Je pense que j’avais besoin de mettre de l’ordre au niveau physique et matériel, et peut-être aussi que je me suis fait peur parfois. Atteindre les sommets et profondeurs de la conscience est quelque chose qui peut être assez terrifiant, et que seuls les mystiques peuvent comprendre.

Cette dernière année donc, une pause a été faîte sur ces plans là d’expérimentation, bien que d’autres expériences ont été vécues, et surtout, la paix et la joie intérieure qui se sont développées. Des histoires d’amour aussi, qui sont allées de pair avec des peines d’amour. L’amour humain est encore trop souvent ainsi, duel, imparfait, conditionné. J’avais visiblement besoin de me rappeler de cela, peut-être pour mieux repartir là-haut. Et surtout une année où je me suis concentrée sur mon corps physique. Beaucoup de yoga, d’escalade, de marche, qui ont remodelé mon corps, et ce n’est que le début. Une passion naissante qui me fait prendre conscience de l’importance d’unifier le corps et l’esprit, d’habiter un corps sain et robuste, en cohérence avec qui l’on est à l’intérieur. Encore beaucoup de chemin à parcourir sur cette voie, mais le mouvement est lancé et n’est pas prêt de s’arrêter.

Ce matin donc… Si je reprends ma plume, c’est pour immortaliser un moment très particulier. Je suis restée totalement immobile près de 30 minutes après que cela ce soit produit, pour graver cette expérience en moi, et ne pas l’oublier. Cela fait quelques semaines que j’ai décidé de reprendre mes longues méditations matinales, allongée dans mon lit. Les occasions restent très rares, car je dois avoir devant moi au moins deux heures où je serai sûre de ne pas être dérangée, et mon énergie doit être bonne. Si la fatigue est trop présente, je sais qu’il ne sert à rien de se fatiguer davantage. Le corps avant tout, du moins c’est mon avis personnel. Dans la grande majorité des traditions du yoga, on préconise une régularité sans exception dans les pratiques, la posture assise, et une série d’exercices bien précis. Cela ne m’a jamais convenu. Je suis avant tout une femme moderne, qui élève seule ses deux enfants (à mi-temps :) ), qui travaille à temps plein, et fait plusieurs heures de sport par semaine. L’énergie requise pour tout cela n’est pas négligeable. Alors si mon corps demande du repos, je le lui donne. Cela ne m’empêche pas de travailler la « présence » à ce qui est le plus fréquemment possible dans la journée, et d’être vigilante quant à la qualité des pensées que je peux émettre. Par contre, si un moment s’offre à moi avec les paramètres parfaits, à savoir donc plusieurs heures de solitude, de calme, très tôt le matin, et une bonne énergie, alors j’en profite!

C’était le cas ce matin. Allongée donc sur le dos, concentration sur ma respiration, sur le relâchement musculaire. Au début, des pensées qui vont et viennent, mais j’ai appris à être très compréhensive avec elles. Je les regarde venir et repartir, sans m’y attacher, sans sentiment de frustration. Je ressens de la gratitude pour cet instant qui m’est offert, dans lequel je n’attend rien de particulier, si ce n’est que d’écouter, de ressentir mon corps de l’intérieur, l’aimer pour ce qu’il est et pour ce qu’il me permet de vivre. Mon corps, et mon mental également, avec ses faiblesses, mais aussi ses forces. Je lui pardonne ses moments d’inattention, quand j’attends de lui un gros effort de concentration, ou quand il se perd dans des pensées sans intérêt alors que je voudrais qu’il soit silencieux. Je suis patiente, je sais que j’ai le temps. Imperceptiblement, le corps se détend, de plus en plus profondément. Les pensées apparaissent toujours, mais disparaissent rapidement. Ce n’est pas un problème. Je ne cherche même plus le vide mental absolu. Je laisse les choses se faire, au rythme où elles doivent se faire. Je ne force rien, les conflits intérieurs sont des cloisons qu’il faudra abattre plus tard, alors autant ne pas les battir. Je laisse les choses se faire, j’attends le moment propice, le moment où la relaxation sera suffisante, pour impulser l’énergie d’un changement plus profond d’état de conscience.

Je commence à sentir déjà les premiers symptômes: perte de perception de la partie basse de mon corps, et parfois, mon corps d’énergie qui entre en résonnance, de profondes pulsations, une, deux, trois, puis retour en arrière, retour dans le corps. Je poursuis ma relaxation, le détachement vis à vis des pensées, patiemment. Les pulsations reviennent, la perte de ressenti du corps est de plus en plus proconcée.

Le moment est venu pour passer à l’étape suivante. La concentration sur le troisième oeil. Par expérience, j’ai compris qu’il était préférable d’attendre le moment propice pour aborder cette étape, car elle requiert une très grande énergie de concentration, et surtout, cette partie du cerveau est sensible et fragile. Mettre trop d’énergie sur une période trop grande va surtout engendrer des maux de tête importants, et probablement créer de petites lésions, ce qu’il est préférable d’éviter bien évidemment. L’art réside donc dans le fait de trouver la bonne fenêtre de temps, quand la conscience est fin prête à passer au niveau supérieur et que le corps s’est suffisamment retiré. A ce moment-là, la conscience est déjà dans un état très particulier, entre la veille et le rêve. C’est là où il faut des centaines, voire des milliers d’heure de pratique pour ne pas sombrer dans un rêve classique, et « perdre conscience ». La vigilance la plus grande est de mise. Je ressens toujours ma respiration, des images vont et viennent. Je n’ai plus conscience d’être dans ma chambre. Je suis avec mes enfants, et avec leur père, mais j’ai une totale conscience que je dois me concentrer sur ma respiration, que je suis en train de méditer. Comme une méditation qui se poursuit dans le rêve, sans aucune altération de la motivation, de l’implication. Le rêve est là, mais sans pouvoir sur moi, il ne parvient pas à m’absorber. Je ne perds pas de vue mon objectif.

Puis quelque chose se passe. Le rêve commence à se réduire. J’observe mes enfants, et leur père, leur image se réduit. C’est soudain comme si je les observais au travers d’une fenêtre, une fenêtre perdue dans l’obscurité infinie, qui s’éloigne de moi. Je redouble d’effort de concentration. J’ai toujours le ressenti de ma respiration, ce qui signifie que ma conscience n’est pas transférée totalement. Une partie est restée dans mon corps physique, ce qui rend l’expérience plus difficile à maintenir, car on est présent à deux endroits en même temps. La concentration doit donc être totale, l’esprit totalement engagé dans ce qu’il est en train de vivre, les peurs et les excitations mises de côté. Je continue à m’éloigner des images de mon rêve, je vole quelques secondes dans un noir total, un instant que je sais être déterminant. Je sais que là, soit je reviens directement dans mon corps, soit je vais parvenir à passer dans un autre état de conscience. Je patiente, concentrée autant que je peux l’être. Ma vision est mauvaise, l’impression d’avancer dans un épais brouillard. fb_sc-trou-de-verPuis soudain un tunnel apparaît, étroit, aux parois claires et translucides. Je le suis sans hésiter. Ils sont les portes qui permettent à la conscience d’atteindre des seuils plus élevés, et il ne faut pas en avoir peur. Mon voyage dans le tunnel ne dure pas plus de quelques secondes. Je finis par arriver dans…quelque chose d’assez indescriptible en fait. Des formes et des couleurs très claires. La première impression que cela me donne, c’est d’être dans un cerveau humain. Tout ce dont je suis sûre, c’est que c’est absolument magnifique. Je regrette que ma vision ne soit pas plus claire, et que ma conscience ne soit pas totalement là, pour profiter encore plus pleinement de ce spectable grandiose. Puis je vois des centaines, puis des milliers de minuscules lumières mouvantes, tout autour de moi, et c’est là que cela se produit.  Une énergie incroyable prend mon être tout entier, je vibre, j’entre en résonnance mais dans une intensité que j’ai rarement connnu jusque là. J’arrive à conserver ma concentration quelques longues secondes d’une extase divine profonde. Mon être est toute jouissance….

Puis ma conscience revient pleinement dans mon corps, dans ma chambre. Je ne le sens pas, il me semble tellement léger. Ma conscience l’enveloppe, est toute autour de lui, pas à l’intérieur. Je l’observe en train de dormir. Sa respiration est calme et profonde. L’énergie que je ressens est tellement forte, douce, pleine. Je n’ai pas envie de bouger, j’ai envie de ressentir ça le plus longtemps possible. Je ne suis pas pressée, alors j’en profite. Et je remercie, profondément, et de tout mon coeur, l’univers de m’avoir permis de vivre une telle expérience, qui ne fait que me redonner la motivation de poursuivre sur cette voie :)

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