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Les différents niveaux de gestion émotionnelle

Ah, les émotions… Elles nous tourmentent, nous retournent, nous bouleversent, nous font pleurer de tristesse ou de joie, nous font nous sentir vivants ou terriblement désespérés. De par leur intime connexion avec notre corps physique, elles sont parmi les manifestations de notre être les plus difficiles à maîtriser. Le coeur palpite au gré des peurs qui nous assaillent, nos boyaux se retournent à chaque montée de stress, notre tête tourne à l’annonce d’une mauvaise nouvelle, … et dans ces conditions, il est parfois bien difficile d’arriver à garder un certain contrôle de soi, à rester détaché de ce qu’il se passe autour de nous.

Développer sa maîtrise des émotions, pour se permettre d’atteindre une bonne « stabilité émotionnelle », est pourtant d’après tous les enseignements spirituels indispensable à l’épanouissement de notre être.

C’est cette stabilité qui peut nous permettre d’avoir accès à des pans d’expériences de plus en plus intenses, que ce soit dans cette réalité physique, ou sur un plan spirituel.

Vous imaginez bien que si vous paniquez à la simple vue d’une araignée, il vaut mieux que vous évitiez des rencontres ou des situations objectivement beaucoup plus effrayantes… ce qui limite grandement votre champ d’expérience et ainsi vos occasions d’évolution.

D’après les enseignements que je reçois, j’en suis venue à distinguer, pour simplifier la compréhension, 4 phases distinctes dans la manière dont nous gérons nos émotions.

Niveau 1: l’autre est responsable de mon état émotionnel

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L’autre est responsable de ce qui m’arrive

 

Il s’agit de la phase la plus simple, par laquelle chacun de nous passons pendant notre enfance (sauf enfants très précoces émotionnellement), et dans laquelle malheureusement beaucoup restent toute leur vie!

C’est la phase dans laquelle nous rendons systématiquement les autres responsables des émotions que nous pouvons ressentir.

Je suis en colère parce que tu as fait ceci ou cela. Je suis triste à cause de ce que tu m’as fait. Je suis amoureuse de toi parce que tu es comme ceci ou comme cela.

Nous dépendons des autres pour notre bien-être ou notre malheur, et nous attendons donc des autres qu’ils changent (ou qu’ils ne changent pas) pour que nous puissions nous sentir bien. Ce faisant, nous perdons tout pouvoir sur notre état émotionnel intérieur.

Prenons un exemple simple: une personne me dit quelque chose avec visiblement l’intention de me faire du mal, ce qui a pour effet de me blesser. Une fois la personne partie, ma blessure demeure, et potentiellement pour longtemps. Mais qui entretient cette blessure, l’autre n’étant plus là? Moi seule….

La boucle infernale des émotions mal gérées
La boucle infernale des émotions mal gérées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette phase, les rancoeurs interminables et les parties de ping-pong où chacun se renvoie les responsabilités de ses problèmes sont monnaie courante. On peut y trouver les causes de bien des maux de cette planète…

Niveau 2: Je suis responsable de mon état émotionnel, et je prends soin des autres

Une prise de conscience s’opère. On comprend que les émotions nous appartiennent, et que nous en sommes responsables.

On réalise que les situations ou les personnes qui nous font du tort ne sont que des déclencheurs, des révélateurs de blessures que nous portons au fond de nous. Ce changement de regard, qui déplace la responsabilité de l’extérieur vers nous même, nous permet de nous réapproprier notre capacité à maîtriser nos émotions. Je suis responsable de ma colère, de ma tristesse, donc j’ai aussi le pouvoir de dépasser cette colère ou cette tristesse. Je ne suis plus en attente que quelqu’un d’autre change pour que je puisse aller mieux.

Ho oponopono, l'une des méthodes les plus connues pour entretenir des relations harmonieuses
Ho oponopono, l’une des méthodes les plus connues pour entretenir des relations harmonieuses

Beaucoup d’écrits très précieux présentent des techniques pour arriver à une telle maîtrise, dont les 4 accords toltèques, ou ceux abordant la communication non violente par exemple. On cherche en nous les causes de notre souffrance, afin de les dépasser. On cherche à s’aimer tel que nous sommes. Dans cette phase se développe positivement notre capacité à maîtriser nos émotions. Nous comprenons également l’impact de nos paroles et de nos actes sur autrui et faisons ainsi beaucoup plus attention lors de nos échanges.

Niveau 3: Je me désidentifie de mes émotions et me nettoie en profondeur

Même si la maîtrise de la phase 2 est déjà une très belle manifestation de maturité, il est intéressant de savoir qu’il est possible d’aller plus loin encore. Si l’on résume, en phase 1 : l’autre est responsable de mes émotions. En phase 2 : je suis responsable de mes émotions. Et bien, en phase 3, j’intègre le fait que personne n’est responsable de mes émotions, pas même moi…

On arrive ici à une compréhension plus profonde de ce que sont les émotions: des énergies, des informations.

et que ces émotions peuvent avoir des origines très diverses: une réaction à une blessure d’enfance, à un traumatisme, à une susceptibilité, à un conditionnement issu de mon éducation. Mais l’émotion ressentie peut également être celle d’un autre, auquel cas on parlera d’empathie. Elle peut aussi correspondre à une blessure karmique qui arrive à notre conscience afin d’être soulagée, ou encore à la présence d’une entité extraphysique particulière avec laquelle nous sommes en contact.

Si l’on reste dans cette auto-responsabilisation de chacune de nos émotions, on peut-être amené à rechercher en nous l’explication d’émotions qui ne nous appartiennent pas vraiment… et là, on peut chercher longtemps, ou finir par s’inventer des problèmes qui n’en sont pas.

En phase 3 donc, on arrête de se poser des questions. On sort du mental totalement. On vit ses émotions pleinement pour ce qu’elles sont vraiment: des émotions. Peu importe d’où elles viennent, pourquoi elles sont là. On les observe, en se détachant d’elles en même temps. On ne s’identifie plus du tout à elles.

Quelque chose s’opère alors: on accroît notre capacité à vivre l’intensité. Les blocages sont levés, et les vannes s’ouvrent pleinement.

Le message envoyé à notre être essentiel est clair : « je suis prêt ». Prêt à quoi? à vivre, à ressentir, à guérir tout ce qui m’empêche d’être vraiment moi. On n’a plus peur d’aucune émotion. On dépasse la peur de la peur en quelque sorte! On devient capable de vivre le désespoir le plus profond tout en gardant une bonne lucidité que ce que nous sommes en train de vivre n’est pas nous, et que c’est une expérience qui a besoin d’être vécue, en cet instant.

Cette phase 3 est donc loin d’être une phase de tout repos. Une personne qui en est à ce niveau va alterner des périodes de profonde sérénité, où rien ne semble pouvoir l’atteindre, avec des épisodes de « tsunamis émotionnels » où les émotions vécues atteignent des intensités d’une rare violence, mais sur des périodes assez courtes, de quelques heures à quelques jours.  C’est souvent dans ces moments là que de lourdes blessures karmiques peuvent être guéries ou nettement soulagées. Généralement, les crises s’arrêtent comme elles ont commencé: subitement, et sans aucune raison apparente. Au fil du temps, la personne peut ressentir une amélioration globale de sa capacité de concentration, de son niveau d’énergie, de sa présence, de son équilibre, et peut également constater que le regard des autres sur elle évolue. Sa capacité à ressentir la joie et l’amour grandit également…

Niveau 4: j’ai atteint la paix intérieure

Rien ne vient troubler notre paix intérieure, sans notre permission
Rien ne vient troubler notre paix intérieure, sans notre permission

Les blessures les plus profondes ont été guéries. Plus rien dans l’être n’entre en résonnance avec des stimulations extérieures. Les émotions de nature égotique n’ont plus le terreau nécessaire pour se développer. L’être perçoit encore des émotions, mais uniquement comme des informations issues de l’extérieur pour lui permettre de comprendre par exemple dans quel état se trouve une personne, ou bien quel type d’énergie règne dans un lieu donné. Une fois l’information perçue, il développe sa capacité d’arrêter l’émotion (le signal) immédiatement, par la seule force de sa volonté. Il développe sa capacité à vivre dans la joie sans cause, et l’amour sans destinataire, l’amour comme un état, tout simplement.

Stéphanie Mélous

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