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Sortir du complexe de soumission

Il est un point, je pense, sur lequel tout le monde arrive à s’accorder: la constatation que dans nos sociétés, les choses vont globalement mal.Misère, isolement, violences, atteintes écologiques multiples, guerres, santé générale qui se dégrade vitesse grand V, menaces d’accidents nucléaires, épuisement des ressources naturelles, et tant d’autres.
Notre quête du bonheur basée sur un modèle à croissance infinie dans un monde fini arrive à sa fin.

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Il y a bien sûr toujours des personnes accrochées au passé et aux modèles qu’ils connaissent, et qui refusent de voir la réalité en face. Ils cherchent par tous les moyens à boucher les brèches de ce système afin de le faire durer plus longtemps, juste un peu plus, le temps de finir cette vie ci sur terre. Après moi, le déluge. Rien de grave. Je ne serais plus là pour voir ce qu’il adviendra.

Par peur de l’inconnu, beaucoup s’attachent à leur vie présente, et se refusent à tout changement profond. Les pionniers dans ce domaine sont rares, et courageux. Ceux qui décident de tout plaquer, pour ne plus alimenter un système qui ne leur convient plus se retrouvent alors la proie de toutes les difficultés. Perte d’emploi, précarité, souvent une incompréhension du cercle familial et un rejet pur et simple. Des explorateurs de vie nouvelle, qui tentent d’inventer de nouvelles façons de vivre dans un monde encore si fermé et peu enclin à évoluer.

Qu’est-ce qui fait que des personnes, un jour, se réveillent en décidant de tout plaquer? Quelle impulsion leur fournit l’énergie et le courage de se lancer dans l’aventure?

une vie simple, proche de la nature, de ceux qu'on aime, et où l'individu retrouve sa liberté fondamentale, celle de pouvoir utiliser son temps comme bon lui semble
une vie simple, proche de la nature, de ceux qu’on aime, et où l’individu retrouve sa liberté fondamentale, celle de pouvoir utiliser son temps comme bon lui semble

Des visionnaires pour la plupart, capables de voir qu’un autre monde est possible, et qui sont prêts à endosser leur propre responsabilité dans cette grande scène qu’est la vie, malgré tout ce que cela implique.

Prendre ses responsabilités, c’est aussi sortir du complexe de soumission.

Dès notre plus jeune âge, on nous apprend à respecter l’autorité.

Respect de nos parents, puis de nos maîtres d’école, de nos professeurs, de nos employeurs.

Jamais on ne nous apprend à penser par nous-mêmes.

Apprendre du passé pour construire notre avenir, ne pas sortir des rangs, faire et penser comme les autres, voilà ce qu’on nous enseigne à l’école.

L'école crée de bons soldats, qui apprennent à faire ce qu'on leur demande, sans remettre en question la doctrine établie
L’école crée de bons soldats, qui apprennent à faire ce qu’on leur demande, sans remettre en question la doctrine établie

Et on peut dire qu’à ce jeu-là, il y a beaucoup de bons élèves.

C’est tellement confortable et sécuritaire de suivre les autres, de faire ce qu’on nous dit. On est valorisé pour cela, et soutenu par la grande majorité. On fait « ce qui est bien ». Comme un brave toutou à qui on donne un os à chaque fois qu’il vous donne la patte.

Il est difficile de sortir de cette soumission tellement nous avons baigné dedans depuis le plus jeune âge.

Comprendre les dessous du pouvoir, du système, goûter à la vraie liberté, apprendre de ceux qui nous ont devancé en inventant leur propre vie, tout cela peut nous aider à y voir plus clair, et à sortir de cette soumission passive.

Les riches et les puissants ont écrit des lois pour nous, pour nous protéger de nous-mêmes, mais aussi pour mieux nous asservir.

On nous apprend que « Nul n’est censé ignorer la loi », qu’il faut respecter la loi à tout prix. Mais des lois écrites par qui? Et pour défendre les intérêts de qui? Des hommes de pouvoir, assoiffés par leur propre quête désespérée d’eux-mêmes, pensant atteindre la « réussite » par l’accumulation de richesses, de réussites, de sexe, d’argent. Des fous à qui on a donné un pouvoir démesuré: celui de décider à notre place de la bonne marche du monde.

Autour de nous, les têtes bien pensantes ne manquent pas, pour nous rappeler que « la loi, c’est la loi ».

Mais comment tolérer des lois qui veulent nous imposer ce que nous pouvons cultiver dans nos sols, ce que nous pouvons manger ou ne pas manger, comment nous pouvons nous soigner, qui veulent imposer des vaccins à nos enfants alors que c’est contraire à nos convictions, qui nous interdisent certains types de construction, qui veulent réglementer nos moindres faits et gestes. Toutes ces lois faîtes pour empêcher le monde de changer, pour soumettre les populations à un mode de vie dont elles ne veulent plus.

« Comment déterminer si une loi est juste ou injuste ? Une loi juste est une prescription établie par l’homme en conformité avec la loi morale ou la loi de Dieu. Une loi injuste est une loi qui ne se trouve pas en harmonie avec la loi morale. Toute loi qui élève la personne humaine est juste. Toute loi qui la dégrade est injuste. » – Martin Luther King

« On pourrait fort bien nous demander : Comment pouvez-vous recommander de violer certaines lois et d’en respecter certaines autres ? La réponse repose sur le fait qu’il existe deux catégories de lois : celles qui sont justes et celles qui sont injustes. Je suis le premier à prêcher l’obéissance aux lois justes. L’obéissance aux lois justes n’est pas seulement un devoir juridique, c’est aussi un devoir moral. Inversement, chacun est moralement tenu de désobéir aux lois injustes. J’abonderais dans le sens de saint Augustin pour qui une loi injuste n’est pas une loi. » – Martin Luther King

Martin Luther King
Martin Luther King

Les forces de « l’ordre », normalement là pour nous protéger, deviennent de plus en plus un outil de dissuasion pour maintenir la population sous contrôle. Les évènements marquants autour de la ZAD du Testet dans le Tarn sont là pour nous le rappeler. Si des citoyens, associations, s’opposent à des décisions qu’ils estiment injustes et contraires à l’intérêt général, et qu’ils demandent un dialogue, alors on leur envoie des CRS. Intimidations, humiliations, destructions de biens personnels, et violences qui dans ce cas ont abouti au décès d’un jeune homme, devenu un symbole malgré lui des luttes écologiques en France.

Rémi Fraysse, mort sur la ZAD du Testet (Tarn, 2015) sous le coup d'une grenade envoyée par un CRS, alors qu'il défendait un site écologique d'importance
Rémi Fraysse, mort sur la ZAD du Testet le 26 octobre 2014 sous le coup d’une grenade envoyée par un CRS, alors qu’il défendait un site écologique d’importance

Défendre ses opinions, lutter pour une cause est difficile aussi car il faut du temps à y consacrer. Et quand on est salarié, occupé du matin au soir, cela devient bien compliqué. Le système est bien fait. Il a érigé le travail en modèle dans nos esprits. Chercher un travail est la préoccupation première des jeunes à la sortie de l’école.

L'esclavage n'a pas disparu, il a juste changé de forme
L’esclavage n’a pas disparu, il a juste changé de forme

Travailler pour vivre, vivre pour travailler. Cela nous semble tellement évident que l’on ne remet jamais ce modèle en question. Les chômeurs culpabilisent, les salariés ont peur de perdre leur emploi, et voient d’un mauvais oeil ceux qui se complaisent à une vie libre, en bénéficiant de quelques menues allocations.

Le mouton noir...
Le mouton noir…

Notre conditionnement a tellement bien fonctionné que les hommes se surveillent les uns les autres. Les moutons noirs sont vite repérés et les têtes bien pensantes ont vite fait de tenter de les remettre sur le droit chemin, à coup de conseils, de critiques, de jugements, de peurs.

Pourtant ces moutons noirs sont importants. Sur eux repose l’avenir de notre monde. Si seulement nous pouvions en prendre conscience et les soutenir dans leurs actions plutôt que de vouloir les faire rentrer dans le droit chemin. Ils ont besoin d’être soutenus, par tous les moyens.

Un grand merci à eux!

 

 

Mort de Rémi Fraisse:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Manifestation_des_25_et_26_octobre_2014_contre_le_barrage_de_Sivens

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