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Traversée extatique

Voilà plusieurs mois que mes voyages nocturnes se sont espacés. Il est des moments où notre environnement extérieur requiert une attention et une énergie  toute particulière.  Or pour voyager (hors de son corps), l’esprit doit être particulièrement apaisé, et l’énergie bonne, centrée, plutôt que dispersée. Les méditations sont très importantes dans ces moments là, pour permettre à l’esprit de conserver un bon niveau de calme et de clarté, pour ne pas perdre pied dans toutes les vagues générées par nos actions extérieures, mais les expériences spirituelles plus profondes se font plus rares, car l’énergie est requise dans ce monde.

Ce matin, à la faveur des vacances, réveil éteint, je savais que je pouvais bénéficier d’une belle grâce matinée. Pour la couche tôt et la maman que je suis, une grâce matinée se situe aux alentours de 9h. Eveillée à 7h, et toujours aussi paresseuse à l’idée de me lever pour méditer en position assise, préférant le confort et la douceur de mon lit, je m’installe dans ma position de méditation favorite, allongée sur le dos, bien droite, pieds légèrement écartés. Je pourrais rester ainsi durant des heures, à observer l’air entrant dans mes narines, mon ventre se soulever doucement, puis redescendre, le rythme de mon coeur qui ralentit petit à petit, mon esprit, distrait par quelques images, que je ramène tendrement à l’observation  intérieure. Beaucoup trouveraient cela ennuyeux à mourir, c’est compréhensible. Quand on n’a jamais ressenti cette paix intérieure si profonde, et que l’on ne sait pas que l’on peut y revenir quand on le souhaite, quand on ne sait pas que nous avons ce pouvoir en nous, comment avoir envie de s’allonger ainsi pendant des heures?

Ce matin donc, je n’attendais rien de particulier. Les expériences « spirituelles » ont généralement plutôt lieu très tôt dans la nuit, presque jamais après 7h (dans mon cas en tout cas). Cela devait faire peut-être 1h30 que j’observais ainsi mon corps de l’intérieur, quand je commençai à ressentir les premiers signes précurseurs que quelque chose allait se passer. Un ressenti très particulier au niveau de la tête, comme si je parvenais à entendre mes ondes cérébrales, à percevoir qu’elles se faisaient de plus en plus lentes, comme si je sentais que mon cerveau était en train de s’arrêter. En ces instants, je dois redoubler de vigilance car le risque de perdre conscience est assez important. Je dois aussi faire attention aux éventuelles douleurs qui pourraient survenir. Le processus doit se passer en douceur, sans douleur, pour ne pas risquer d’endommager le cerveau. Mais ce matin, aucune douleur, juste une sensation légère de surchauffe, mais dans des limites très acceptables.

En un instant, ma conscience se retrouve dans le noir. Il n’y a pas eu d’aspiration, ni de glissement cette fois, c’est juste que je me retrouve dans le noir, mais je sens que ma conscience n’est pas totalement transférée. Je reviens d’un coup dans mon corps. Je me détend et poursuis en douceur mes efforts de concentration. Nouvelle projection, nouvel échec. La troisième sera la bonne. Me voilà enfin dans mon espace noir infini, Arupaloka, le monde du sans forme, là où les rêves prennent naissance. Mais cette fois, je ne vole pas, je suis juste suspendue, au milieu de nulle part.

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Au dessous de moi, j’aperçois un immense disque de couleur bleue, irisée. Je tombe doucement vers lui. A son contact, quelque chose se produit. Mon être tout entier se met à crépiter. Un crépitement d’énergie incroyable, des courants de joie et d’extase me traversent, quelques secondes durant. Une fois le disque traversé, j’aperçois alors un autre disque, de couleur violette cette fois, qui m’attire également. Je ne peux m’empêcher de me demander si j’arriverais à supporter une autre décharge d’énergie de cette ampleur, mais je sens qu’il n’y a pas de danger. A la traversée du second disque, une deuxième décharge met mon être tout entier dans un état vibratoire que j’ai rarement ressenti auparavant. Quand je vis de tels états, je comprends mieux pourquoi j’ai si peu d’attachements aux choses matérielles de ce monde, qui ne pourront jamais rivaliser.

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Alors que je suis mi-extatique, flottant dans l’infini, des formes commencent à apparaître, une forêt, inondée de soleil. Je remercie à qui veut l’entendre, et me plonge avec délectation dans la vision qui s’offre à moi. J’adore par dessus tout voler au dessus d’une forêt, et cela fait une éternité que je n’ai pas vécu ça. Mon excursion ne pouvait pas mieux se terminer. Me voilà donc, volant au dessus des arbres, puis au dessus d’un village. J’aperçois un grand bassin. Arrivée à sa hauteur, je plonge la main dans l’eau tout en poursuivant mon vol à grande vitesse. Je ressens sa fraîcheur, ses éclaboussures, tellement de réalisme!

Mon voyage s’arrêtera là. Je reviens à moi, sans mal de tête, et en me sentant rechargée d’une magnifique énergie. Il m’est impossible de savoir ce qu’il s’est réellement passé, et cela n’a au fond que peu d’importance. Tout ce que je peux dire, c’est que ces voyages aident à renforcer la paix intérieure, et ceci même dans les moments difficiles de l’existence. Tout un monde de mystères, et de beautés inégalées, juste là, à l’intérieur de nous…

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